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Un bref point de situation sur le front des chenilles en ce début février.

Il n’y a pas eu vraiment de descentes précoces au début de l’hiver. Il semble bien que cette saison le cycle soit plus conforme au cycle générique. Le premier gros pic de descente a commencé mardi 5 février. Il y a eu des descentes en décembre et janvier par endroit mais là c’est général sur nos côtes de St-Cast à Erquy. Les visites de pièges commencées cette semaine donnent 1 à 2 pièges sur trois avec des colonies.

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Plévenon le 8 février 2019

La météo des jours et des semaines précédentes, très pluvieuse et venteuse, ne permettait aux chenilles ni de se nourrir, ni de processionner. Hier a vraiment été la première journée sans pluie et calme. Cet après midi il pleut, mais demain une belle journée est annoncée.  Le weekend prochain est encore pluvieux et venteux mais dès lundi la météo s’annonce nettement meilleure.

Il faut donc s’attende à un pic de descentes long et échelonné, sur les prochaines semaines pour les colonies qui doivent encore se nourrir. Donc des descentes pendant tout ou partie des vacances de février.

Si vous vous promenez avec des enfants ou des chiens en laisse dans des zones boisées de pins pendant les vacances de février sur nos côtes soyez attentifs, vous avez de grande chance de croiser des colonies au sol.

Le frelon asiatique sur notre littoral.

Cet article n’a pas pour but de présenter le frelon et sa problématique qui est maintenant connue. Le lecteur trouvera avec ce lien l’ensemble des éléments d’informations disponibles sur l’animal sur le site de Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vespa_velutina

Attention certains éléments ne sont pas vérifiés, d’autres sont même depuis infirmés.

Cet article est une présentation des phénomènes observés, en particulier auprès des ruches installées dans mon jardin.

Mes ruches sont installées depuis l’été 2012. Les premières attaques ont été constatées en octobre 2013.

En effet, cette information est confirmée, les besoins en protéines des frelons sont les plus important à partir de l’été car ils augmentent alors leur population afin de générer des femelles qui seront fécondées (les fondatrices) et se cacheront tout l’hiver. A partir de novembre, la colonie restée dans le nid meure.  Les gros nids observés sont normalement vides à cause du froid. A la fin de l’hiver, les fondatrices qui ont survécu sortent et chacune fonde une nouvelle colonie qu’elle démarre seule.

Depuis 2013, les attaques n’ont cessé d’être plus précoce (août depuis 2016) et de durer plus longtemps d’une année sur l’autre.

Cette année, elles ont commencé à la mi-août et j’ai tué les derniers frelons il y a deux jours, le 19 novembre, cela n’était jamais arrivé aussi tard !

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Nid de frelon au Routin, photo du 13 novembre 2018

Le problème majeur est qu’ils mobilisent la ruche pour sa défense à un moment crucial ou les abeilles doivent préparer la grappe pour passer l’hiver. Ces attaques tardives menacent donc directement la survie de la ruche durant l’hiver.

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J’ai remplacé les grilles par des plaques d’aluminium percées avec moins de trou le tout derrière un grillage à poule. Les abeilles sont gênées mais moins que les frelons.  

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L’ensemble du dispositif sur les deux ruches et au centre une ruchette. Les photos sont du 5 novembre, depuis la ruchette est vide, les frelons sont rentrés, la colonie n’était pas assez populeuse.

L’importance des attaques n’a également cessé de croître, les colonies s’étant rapidement multipliées.

Depuis quelques années, les collectivités locales prennent en charge tout ou partie des coûts d’intervention d’un désinsectiseur lorsqu’un nid de frelon est détecté. Pour l’agglo de Dinan, cela s’arrête à la mi-octobre.

A Fréhel, au printemps 2017, la commune a mis en place des pièges spécifiques qui sont homologués pour capturer les fondatrices. C’est le policier municipal qui est en charge de l’opération. C’est un vrai succès. De mars à avril 2017, nous avons capturé dans deux pièges à côté de mes ruches, 120 frelons asiatiques. Les années passées je n’avais jamais repéré leur passage à cette époque. En fait, je ne les voyais pas. Les fondatrices repèrent les sources potentielles de nourriture avant de choisir l’emplacement pour créer le pré nid, souvent bas dans un abri naturel ou non (buisson, abri de jardin…). Lorsque la colonie a prospéré, elle déménage souvent au sommet d’un grand arbre pour créer les grands nids. Voilà pourquoi s’il y a eu un nid de frelon, il y en aura un ou plusieurs autres l’année suivante.

L’été 2017, les attaques ont commencé mi-août mais n’ont jamais été importantes, début septembre les abeilles n’adoptaient plus de dispositif de défense sur la planche d’envol, les frelons étaient rares.

Le piégeage a donc été réitéré dès février 2018, les pièges laissés jusqu’en avril 2018. Ils sont sélectifs, on ne capture que des frelons (asiatiques ou européens) des mouches et des guêpes. Nous avons capturé plusieurs dizaines de frelons asiatiques, moins qu’en 2017 ce qui est normal puisqu’il y a eu moins de nids à l’été 2017 donc moins de fondatrices en 2018.

Malheureusement, un seul nid à proximité, donc une fondatrice non capturée, suffit à mettre en péril les ruches à l’approche de l’hiver.

C’est pourquoi, lorsqu’un nid est détecté dans le village et s’il est accessible, je me propose de le détruire bénévolement lorsque cela m’est possible. Vous avez certainement un apiculteur à proximité de chez vous qui fera de même.

Si vous découvrez des nids signalez les à vos mairies, même si ils sont vides maintenant, cela permettra de placer des pièges à fondatrices au bon endroit dès février.

A la mi-novembre, point sur l’infestation de la chenille processionnaire

Les nids se sont bien développés tout au long du mois d’octobre.

Un constat sur l’ensemble de notre littoral nous voyons en ce début novembre des nids de différentes tailles. Cela confirme les observations de l’année passée, il y a eu des pontes tardives. Cela semble être une caractéristique sur nos côtes.

La conséquence majeure est une fenêtre d’infestation plus large et plus importante que ce qui a pu être observé début octobre.

13 novembre 2018

Jeune nid de chenilles sur des pins maritimes en bord de mer, photo prise le 13 novembre 2018.

Sur certains pins à grand houppier comme les pins de Monterey, on peut seulement maintenant estimer l’importance de l’infestation. Du fait de la densité du houppier, les nids ne peuvent se voir que lorsqu’ils ont atteint une taille suffisante.

De même sur ces grands pins, les élagages réalisés par Enedis pour sécuriser leurs réseaux ont dévoilé des nids qui sinon, seraient restés invisibles.

Sur ces grands pins, même si vous n’en voyez pas, il est probable qu’il y ait des nids si l’infestation est présente autour.

20 octobre 2018

Nid sur pin de Monterey découvert suite à l’élagage réalisé par Enedis, photo prise le 20 octobre 2018.

Beaucoup de chenilles trouvées dans les nids échenillés ont atteint le stade L3 sur les 5 stades de développement de la chenille. Elles sont donc beaucoup moins vulnérables au traitement au bacille, n’ayant plus à sortir tous les jours du nid pour se nourrir. Par contre les descentes en novembre et décembre devraient être rares, elles doivent encore grandir.

15 novembre 2018

Nid échenillé le 15 novembre 2018, les chenilles sont déjà au stade 3.

Sur le front de la lutte contre la chenille processionnaire

Les pré-nids de chenilles processionnaires sont d’ores et déjà bien visibles. Inspectez vos pins.

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En haut à gauche dégâts primaires (les aiguilles de pins roussies et tordues comme des spaghettis) autour d’un pré-nid. En bas au centre un pré-nid. 25 septembre 2018
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Un pré-nid encore caché par les aiguilles. Difficile à repérer.  25 septembre 2018

L’année dernière des descentes de famine ont été constatées courant octobre sur notre littoral dans les endroits les plus infestés.

Le traitement au bacille Btk, réalisé en octobre et novembre 2017 sur la commune, a permis de détruire une très grande partie des nids issus des pontes de l’été précédent. Les enfouissements de chenilles ont donc été très réduits par rapport aux années précédentes.

Cependant, les nouveaux nids sont issus tant des colonies qui ont échappé au traitement (communiqué Bilan de la lutte biologique contre la chenille processionnaire du pin sur la commune de Fréhel  rédigé en novembre 2017) que de papillons issus des chrysalides enfouies les années précédentes ou de papillons venant de zones non traitées.

Nous savons que la lutte sera permanente. Il faut cependant maintenir l’infestation à un seuil bas pour limiter les risques de rencontre avec les processions, tant pour les humains que pour les animaux domestiques.