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L’infestation de la processionnaire en ce début d’octobre 2019

Les captures de papillons réalisées par l’Inra au cap d’Erquy indiquent que les vols de papillons ont été moins nombreux cet été. Les captures de papillons ont été étalées de juin à fin août avec un maximum de captures en juillet. Cela pourrait présager de descentes précoces, ce qui n’a pas été le cas l’année dernière.

Mes observations des nids et des dégâts primaires confirment une infestation limitée. Sauf exceptions localisées, les pins suivis depuis plusieurs années sur les communes d’Erquy, Fréhel, Plévenon, St-Cast, apparaissent en l’état actuel moins infestés que l’année passée. Cependant les nids ne sont pas encore très développés en ce début octobre. Les intempéries de début de mois empêchent les chenilles de se nourrir et devraient ralentir momentanément le développement des colonies.

Le niveau d’infestation en nette baisse accroit l’efficacité des pièges. La baisse des vols rend d’autant plus pertinente la capture des chenilles présentes dans les pins pour éviter l’enfouissement local. En effet, la probabilité d’une infestation extérieure est moins importante. Les observations de ce début d’automne le confirment. Les pins les plus infestés, le sont visiblement par des chrysalides enfouies sur le même terrain.

Les nids seront vraiment bien visibles en novembre. Un nouveau point vous sera alors proposé.

 

Lors des processions, n’intervenez pas et laissez s’enterrer chenilles.

Les chenilles présentent un risque lorsqu’elles sont en procession. Elles cherchent à s’enterrer pour se transformer en chrysalides qui donneront des papillons pendant l’été. Ces processions se déroulent de l’hiver au printemps en fonction des régions et des contraintes climatiques.

En cas de stress, les chenilles libèrent des micro-poils très urticants qui restent en suspension dans l’air. On peut donc être atteint sans les toucher.

Ces poils provoquent des affections graves en cas d’ingestion, d’inhalation ou de contact avec les yeux. Les animaux domestiques, mais aussi les ruminants, subissent des urtications des muqueuses qui sont des urgences vétérinaires.

Sachez que toute intervention humaine aura pour conséquence une activation du système de défense de la colonie. En effet lors des processions, les chenilles sont très facilement stressées et ouvrent des replis de peau contenant les poils urticants.

C’est pourquoi s’approcher de l’insecte à la période où ces poils sont le plus actifs peut-être dangereux. Ces poils demeurent urticants plusieurs mois après leur libération ; les nids d’hiver sont donc bien eux aussi urticants et allergènes.

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Procession à l’anse du croc mars 2017

Lors des processions, n’intervenez pas et laissez s’enterrer chenilles.

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procession en cours d’enfouissement, la dernière mue urticante reste dans le sol . Mars 2017, anse du croc. 

Ne les dérangez pas, ne les touchez pas. Votre intervention ne changera rien à l’infestation l’année suivante !

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anse du croc mars 2017

Si vraiment leur présence pose un problème de sécurité (enfants, animaux de compagnie, domestiques, proximité immédiate de l’habitation…) et que vous devez alors les détruire, le mieux est de les brûler sur place avec de l’essence. Si vous ne pouvez les brûler sur place, arrosez copieusement la colonie avec de l’eau (plus de l’eau de javel diluée est mieux) avant d’intervenir pour éviter l’effet volatile des poils.  Vous vous protégez la peau, les yeux, les voies aériennes avec des vêtements adaptés, ciré, lunettes, casquette, gants et vous restez dos au vent. Vous les ramassez avec un sac en plastique comme on le fait avec les déjections canines et vous brûlez le tout. Ne les jetez pas aux ordures ce pourrait être dangereux pour les agents chargés des collectes.

Encore une fois, le mieux est de ne pas déranger une colonie en procession !

Mars, le mois stratégique pour capturer les fondatrices du frelon asiatique.

Elles se sont cachées à l’approche de la mauvaise saison. Elles sont fécondées et ne vont pas tarder à réapparaître pour fonder une nouvelle colonie. (Voir article de novembre 2018)

Lorsqu’elles vont sortir, elles vont choisir un emplacement en fonction de différents critères dont la proximité de sources de nourritures. Elles vont donc beaucoup se déplacer pour cela sans qu’on les aperçoive pour autant.

C’est en étudiant ces comportements qu’il a été conçu un piège attractif et sélectif permettant de capturer les fondatrices. Tout frelon asiatique capturé à cette période, c’est une colonie de moins à l’été. C’est donc la meilleure façon de faire baisser la prédation.

Ce piège est disponible en jardinerie. Sur notre littoral, l’agglomération de Dinan les fourni gratuitement en échange d’une remontée d’information régulière sur les captures réalisées. Renseignez vous auprès de votre mairie !

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Je le contrôle régulièrement, lorsque j’y trouve des frelons européens où des guêpes, je les libère.
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Les pièges posés à proximité des ruches capturent toujours des fondatrices.

 

Lune de printemps et récolte de sève de bouleau.

Ce mercredi 6 mars 2019 est la date de la nouvelle lune de printemps. Quoi qu’en disent les rationalistes et les scientifiques, l’on constate à ce moment, une forte montée de sève qui correspond à la sortie de la pause hivernale.

C’est à ce moment qu’il est conseillé de récolter la sève de bouleau.

Si vous avez la chance d’en avoir à proximité il est très facile de le faire avec une bouteille d’eau, un bouchon de liège, un tuyau en plastique qui peut être une gaine électrique.

Vous percez le tronc à l’aide d’une tarière, pas profondément (1 à 2 cm en fonction de l’épaisseur de l’écorce) car la sève circule sous l’écorce dans l’aubier. Vous y enfoncez l’extrémité du tuyau coupée en biseau. L’autre extrémité est fixée à travers un bouchon de liège sur le bouchon vissé sur une bouteille d’eau posée au pied. Au bon moment, vous remplissez une bouteille d’1.5 L en une nuit.

sève de bouleau
La photo ci-dessus montre le dispositif particulièrement simple, facile à poser.

Vous pourrez pendant une quinzaine de jours, boire un bon verre de sève fraîche chaque matin à jeun ce qui favorisera l’élimination des toxines accumulées pendant l’hiver dans l’organisme.

La sève ne se conserve que quelques jours au réfrigérateur, elle prend vite un goût aigre.

Quand vous en aurez assez pour 8 à 10 jours de traitement, il suffit de reboucher le trou avec un peu d’écorce, la sève cicatrisera le tronc sans aucun préjudice pour l’arbre.

Pour en savoir plus sur la sève en général, ce lien vers le site de l’ONF.

http://www1.onf.fr/activites_nature/sommaire/decouvrir/vie_foret/vegetaux/20070920-141105-479528/@@index.html

Un bref point de situation sur le front des chenilles en ce début février.

Il n’y a pas eu vraiment de descentes précoces au début de l’hiver. Il semble bien que cette saison le cycle soit plus conforme au cycle générique. Le premier gros pic de descente a commencé mardi 5 février. Il y a eu des descentes en décembre et janvier par endroit mais là c’est général sur nos côtes de St-Cast à Erquy. Les visites de pièges commencées cette semaine donnent 1 à 2 pièges sur trois avec des colonies.

plévenon le 8 février 2019 (2)
Plévenon le 8 février 2019

La météo des jours et des semaines précédentes, très pluvieuse et venteuse, ne permettait aux chenilles ni de se nourrir, ni de processionner. Hier a vraiment été la première journée sans pluie et calme. Cet après midi il pleut, mais demain une belle journée est annoncée.  Le weekend prochain est encore pluvieux et venteux mais dès lundi la météo s’annonce nettement meilleure.

Il faut donc s’attende à un pic de descentes long et échelonné, sur les prochaines semaines pour les colonies qui doivent encore se nourrir. Donc des descentes pendant tout ou partie des vacances de février.

Si vous vous promenez avec des enfants ou des chiens en laisse dans des zones boisées de pins pendant les vacances de février sur nos côtes soyez attentifs, vous avez de grande chance de croiser des colonies au sol.

Le frelon asiatique sur notre littoral.

Cet article n’a pas pour but de présenter le frelon et sa problématique qui est maintenant connue. Le lecteur trouvera avec ce lien l’ensemble des éléments d’informations disponibles sur l’animal sur le site de Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vespa_velutina

Attention certains éléments ne sont pas vérifiés, d’autres sont même depuis infirmés.

Cet article est une présentation des phénomènes observés, en particulier auprès des ruches installées dans mon jardin.

Mes ruches sont installées depuis l’été 2012. Les premières attaques ont été constatées en octobre 2013.

En effet, cette information est confirmée, les besoins en protéines des frelons sont les plus important à partir de l’été car ils augmentent alors leur population afin de générer des femelles qui seront fécondées (les fondatrices) et se cacheront tout l’hiver. A partir de novembre, la colonie restée dans le nid meure.  Les gros nids observés sont normalement vides à cause du froid. A la fin de l’hiver, les fondatrices qui ont survécu sortent et chacune fonde une nouvelle colonie qu’elle démarre seule.

Depuis 2013, les attaques n’ont cessé d’être plus précoce (août depuis 2016) et de durer plus longtemps d’une année sur l’autre.

Cette année, elles ont commencé à la mi-août et j’ai tué les derniers frelons il y a deux jours, le 19 novembre, cela n’était jamais arrivé aussi tard !

frelons asiatiques (2)

Nid de frelon au Routin, photo du 13 novembre 2018

Le problème majeur est qu’ils mobilisent la ruche pour sa défense à un moment crucial ou les abeilles doivent préparer la grappe pour passer l’hiver. Ces attaques tardives menacent donc directement la survie de la ruche durant l’hiver.

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J’ai remplacé les grilles par des plaques d’aluminium percées avec moins de trou le tout derrière un grillage à poule. Les abeilles sont gênées mais moins que les frelons.  

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L’ensemble du dispositif sur les deux ruches et au centre une ruchette. Les photos sont du 5 novembre, depuis la ruchette est vide, les frelons sont rentrés, la colonie n’était pas assez populeuse.

L’importance des attaques n’a également cessé de croître, les colonies s’étant rapidement multipliées.

Depuis quelques années, les collectivités locales prennent en charge tout ou partie des coûts d’intervention d’un désinsectiseur lorsqu’un nid de frelon est détecté. Pour l’agglo de Dinan, cela s’arrête à la mi-octobre.

A Fréhel, au printemps 2017, la commune a mis en place des pièges spécifiques qui sont homologués pour capturer les fondatrices. C’est le policier municipal qui est en charge de l’opération. C’est un vrai succès. De mars à avril 2017, nous avons capturé dans deux pièges à côté de mes ruches, 120 frelons asiatiques. Les années passées je n’avais jamais repéré leur passage à cette époque. En fait, je ne les voyais pas. Les fondatrices repèrent les sources potentielles de nourriture avant de choisir l’emplacement pour créer le pré nid, souvent bas dans un abri naturel ou non (buisson, abri de jardin…). Lorsque la colonie a prospéré, elle déménage souvent au sommet d’un grand arbre pour créer les grands nids. Voilà pourquoi s’il y a eu un nid de frelon, il y en aura un ou plusieurs autres l’année suivante.

L’été 2017, les attaques ont commencé mi-août mais n’ont jamais été importantes, début septembre les abeilles n’adoptaient plus de dispositif de défense sur la planche d’envol, les frelons étaient rares.

Le piégeage a donc été réitéré dès février 2018, les pièges laissés jusqu’en avril 2018. Ils sont sélectifs, on ne capture que des frelons (asiatiques ou européens) des mouches et des guêpes. Nous avons capturé plusieurs dizaines de frelons asiatiques, moins qu’en 2017 ce qui est normal puisqu’il y a eu moins de nids à l’été 2017 donc moins de fondatrices en 2018.

Malheureusement, un seul nid à proximité, donc une fondatrice non capturée, suffit à mettre en péril les ruches à l’approche de l’hiver.

C’est pourquoi, lorsqu’un nid est détecté dans le village et s’il est accessible, je me propose de le détruire bénévolement lorsque cela m’est possible. Vous avez certainement un apiculteur à proximité de chez vous qui fera de même.

Si vous découvrez des nids signalez les à vos mairies, même si ils sont vides maintenant, cela permettra de placer des pièges à fondatrices au bon endroit dès février.

A la mi-novembre, point sur l’infestation de la chenille processionnaire

Les nids se sont bien développés tout au long du mois d’octobre.

Un constat sur l’ensemble de notre littoral nous voyons en ce début novembre des nids de différentes tailles. Cela confirme les observations de l’année passée, il y a eu des pontes tardives. Cela semble être une caractéristique sur nos côtes.

La conséquence majeure est une fenêtre d’infestation plus large et plus importante que ce qui a pu être observé début octobre.

13 novembre 2018

Jeune nid de chenilles sur des pins maritimes en bord de mer, photo prise le 13 novembre 2018.

Sur certains pins à grand houppier comme les pins de Monterey, on peut seulement maintenant estimer l’importance de l’infestation. Du fait de la densité du houppier, les nids ne peuvent se voir que lorsqu’ils ont atteint une taille suffisante.

De même sur ces grands pins, les élagages réalisés par Enedis pour sécuriser leurs réseaux ont dévoilé des nids qui sinon, seraient restés invisibles.

Sur ces grands pins, même si vous n’en voyez pas, il est probable qu’il y ait des nids si l’infestation est présente autour.

20 octobre 2018

Nid sur pin de Monterey découvert suite à l’élagage réalisé par Enedis, photo prise le 20 octobre 2018.

Beaucoup de chenilles trouvées dans les nids échenillés ont atteint le stade L3 sur les 5 stades de développement de la chenille. Elles sont donc beaucoup moins vulnérables au traitement au bacille, n’ayant plus à sortir tous les jours du nid pour se nourrir. Par contre les descentes en novembre et décembre devraient être rares, elles doivent encore grandir.

15 novembre 2018

Nid échenillé le 15 novembre 2018, les chenilles sont déjà au stade 3.